La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la construction d’une politique migratoire durable, inclusive et humaine. Durant trois jours, la ville balnéaire de Grand-Bassam a accueilli un atelier stratégique consacré à la mise à jour de la Stratégie nationale de retour volontaire et de réintégration des migrants, un événement organisé par la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE), en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Une volonté politique affirmée pour un enjeu humain et stratégique
Face aux défis croissants liés au retour volontaire des migrants, le gouvernement ivoirien entend adopter une stratégie cohérente, à long terme et adaptée aux réalités des migrants de retour. À l’ouverture de l’atelier, le Directeur général de la DGIE, Dr Gaoussou Karamoko, a rappelé l’enjeu crucial de ce processus :
« La réintégration des migrants est un enjeu mondial qui relie la Côte d’Ivoire à l’Europe. Ces migrants représentent un lien humain, culturel et économique entre les deux régions. Aujourd’hui, c’est à la Côte d’Ivoire de compléter pleinement ce processus. »
Ce positionnement reflète l’engagement de l’État ivoirien à faire de la réintégration non plus une simple formalité administrative, mais un levier de développement social et économique, capable d’apporter des solutions concrètes aux défis migratoires contemporains.
Une approche concertée et multisectorielle
L’atelier a réuni plus d’une cinquantaine d’acteurs clés du secteur migratoire : représentants ministériels, autorités locales, ONG, agences de développement, experts internationaux, et anciens migrants. L’objectif : élaborer une stratégie intégrée, qui prenne en compte les besoins essentiels des migrants — logement, santé mentale, emploi, éducation, et accompagnement psychosocial — tout en assurant une cohérence avec les plans de développement nationaux.
David Preux, Chef de mission de l’OIM en Côte d’Ivoire, a mis en exergue l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs :
« Il est fondamental de mettre en place un cadre national de concertation, afin d’harmoniser les interventions et de maximiser l’impact des actions menées en faveur des migrants de retour. »
Un appui constant des partenaires internationaux
L’Union Européenne, partenaire stratégique du projet à travers le Programme de Protection, de Réintégration et de Réintégration des Migrants (MPRR), a réaffirmé son soutien. Présente à l’atelier, Anne-Catherine Claude, représentante de l’UE, a annoncé une nouvelle encourageante :
« Le projet MPRR est en cours de révision pour intégrer des ressources financières supplémentaires, indispensables à la continuité et à l’extension de ses actions. »
Cette annonce traduit la volonté des partenaires européens de renforcer leur soutien aux politiques migratoires africaines, en privilégiant la co-construction et l’appropriation nationale.
Vers une stratégie inclusive et durable
Le processus en cours ambitionne de construire une stratégie de réintégration fondée sur les droits humains, mettant les migrants au cœur du dispositif. Il s’agit non seulement de répondre à leurs besoins immédiats, mais également de favoriser leur autonomie à long terme, en les intégrant pleinement au tissu économique et social du pays.
Le gouvernement entend notamment renforcer les dispositifs d’accompagnement local : accès à la formation professionnelle, soutien à l’entrepreneuriat, accompagnement psychosocial, et campagnes de sensibilisation à la migration sûre et informée.
Conclusion : Une dynamique à consolider
Alors que la migration volontaire continue de transformer les sociétés africaines, la Côte d’Ivoire donne un signal fort : elle prend en main la question de la réintégration avec sérieux, responsabilité et vision. Si les défis restent nombreux — financement, coordination interinstitutionnelle, suivi des migrants — les bases sont désormais posées pour construire un modèle ivoirien de réintégration, au service de la dignité des migrants et du développement national.