Les États-Unis ont annoncé une aide humanitaire de 32,5 millions de dollars destinée au Nigeria. Cette enveloppe, confirmée mercredi par la mission américaine à Abuja, vise à répondre à l’urgence alimentaire qui frappe le nord du pays.
Une décision rare dans la nouvelle politique étrangère américaine
Cette annonce revêt une dimension particulière. Depuis le changement de cap de la politique étrangère américaine sous Donald Trump, les financements humanitaires ont été revus à la baisse, entraînant une réduction des interventions du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afrique. L’aide promise au Nigeria apparaît donc comme une décision notable, dans un contexte où de nombreux programmes de soutien ont été suspendus faute de fonds.
Une crise alimentaire aggravée par l’insécurité
Le nord du Nigeria traverse une crise alimentaire sévère. L’insécurité persistante, combinée à des coupes budgétaires, a plongé plus de 1,3 million de personnes dans une situation de grande vulnérabilité, selon le PAM. Dans l’État de Borno, l’un des plus touchés, vingt-sept cliniques risquent de fermer leurs portes faute de ressources.
Le manque de financement international a déjà conduit le PAM à suspendre certaines de ses opérations dans plusieurs pays africains. Au Nigeria, les stocks alimentaires s’amenuisent, laissant des millions de familles sans soutien.
Un soutien ciblé pour les plus vulnérables
Les 32,5 millions de dollars alloués devraient bénéficier à plus de 764 000 personnes. L’aide se concentrera sur les catégories les plus fragiles : femmes enceintes, mères allaitantes et enfants. Ces groupes recevront des compléments nutritionnels spécifiques pour prévenir la malnutrition.
En plus des rations alimentaires, le programme prévoit la distribution de bons électroniques permettant aux bénéficiaires d’accéder directement à des denrées alimentaires de première nécessité.
Une situation sécuritaire toujours préoccupante
Cette aide intervient alors que la situation sécuritaire reste instable dans plusieurs régions du Nigeria. Dans le nord et le centre du pays, les attaques se multiplient. En juin dernier, la violence a coûté la vie à 150 personnes. Dans le nord-est, l’insurrection qui sévit depuis plus d’une décennie a déjà provoqué la mort de 35 000 civils et le déplacement de plus de deux millions de personnes.
Ces violences compliquent davantage l’acheminement de l’aide humanitaire et accentuent la vulnérabilité des populations locales.
Un enjeu humanitaire et stratégique
Avec ce financement, Washington envoie un signal fort : malgré la baisse globale de son engagement humanitaire en Afrique, les États-Unis entendent soutenir le Nigeria, pays clé de la région, face à une crise alimentaire aux conséquences sociales et sécuritaires majeures.
Reste à savoir si cette enveloppe sera suffisante pour combler les besoins urgents, alors que le PAM et d’autres agences humanitaires alertent régulièrement sur l’ampleur de la crise et le manque chronique de financements.