L’ex-conseiller spécial du président congolais en matière de sécurité, François Beya, a été acquitté jeudi par la Haute Cour militaire de Kinshasa. Cette décision met un terme à un procès qui s’est étendu sur près de trois années, attirant l’attention aussi bien de la classe politique que de l’opinion publique.
François Beya faisait face à de lourdes accusations. La justice militaire le poursuivait pour « complot contre la vie ou la personne du chef de l’État », « violation de consignes » ainsi que pour « incitation des militaires à commettre des actes contraires aux devoirs et à la discipline ». Des charges graves qui, si elles avaient été retenues, auraient marqué un tournant dans sa carrière et son image publique.
Personnalité influente du renseignement congolais, François Beya a longtemps évolué dans les cercles les plus fermés du pouvoir. Les Congolais l’avaient surnommé « Fantomas », en référence à sa discrétion et à son influence en coulisses. Sa carrière s’est construite sous la présidence de Joseph Kabila, avant de se poursuivre auprès de Félix Tshisekedi, qui l’avait également choisi comme conseiller en sécurité.
L’homme, aujourd’hui septuagénaire, avait été arrêté en février 2022, dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques. Après plusieurs mois de détention, il avait été remis en liberté provisoire en septembre de la même année, pour raisons de santé. Depuis août 2022, François Beya réside en France, où il poursuit sa convalescence.
Ses avocats, pour leur part, ont toujours dénoncé un procès motivé par des considérations politiques. Ils affirmaient que leur client était victime d’un « complot » lié à sa position stratégique au sein du cercle présidentiel. L’acquittement rendu par la Haute Cour militaire apparaît donc comme une victoire judiciaire pour l’ancien conseiller, mettant fin à une affaire qui avait fortement alimenté les débats en République démocratique du Congo.