Après les violentes manifestations contre le nouveau régime, l’heure est au bilan. Plus de 700 personnes ont été arrêtées dans les quartiers contestataires de la capitale tchadienne.

Dans les couloirs du palais de justice, de nombreux jeunes, les cheveux plein de poussière, sont assis par terre, pieds nus, surveillés de près par des hommes armés. Tour à tour, ils sont auditionnées par la justice.

Au total, 711 personnes doivent être entendues. Majoritairement des hommes d’une vingtaine d’années, arrêtés lors des manifestations dans les quartiers Chagoua, Atrone et Habena, rapporte notrecorrespondante à Ndjamena, Aurélie Bazzara-Kibangula. « Destruction de biens publics et privés », « troubles à l’ordre public » ou encore « coups et blessures ». Les accusations sont multiples.

« Des habitants ont aussi été ramassés à l’aveugle par la police », nous explique un avocat, précisant qu’ils sont libérés au fur et à mesure. 

Impossible de savoir le nombre exact de personnes libérées ou inculpées, les auditions étant toujours en cours. 

Le procureur de la République précise seulement que 27 personnes ont été conduite à la prison, de Klessoum. Elles sont accusées d’avoir lynché une policière à la retraite lors des manifestations.

Des familles endeuillées

Une information judiciaire va aussi être ouverte pour déterminer les circonstances de la mort de trois personnes tuées par balle, selon le premier constat fait à la morgue de la capitale par la justice.

Les opposants et la société civile tchadienne sont sous le choc depuis mardi. Les rassemblements organisés pour dénoncer la transition en cours ont été dispersés par les forces de l’ordre dans plusieurs quartiers de Ndjamena et dans certaines villes de province. L’État reconnait six morts au total. La société civile en évoque onze désormais, avec des dizaines de blessés. 

À Walia, quartier du 9e arrondissement, théâtre de violents affrontements, les familles de trois jeunes décédés mardi ont accepté de recevoir nos envoyés spéciaux François Mazet et Boris Vichith. Hagards, les hommes de la famille de Bahama, attendent sous un arbre.

Jocelyn, son oncle, a grandi avec lui. « J’ai reçu un appel des urgences disant que mon petit a été touché par balle. Je me suis dépêché de me rendre à l’hôpital, je l’ai vu agonisant. Il a succombé de ses blessures. »

Les passions de Bonheur étaient l’histoire et le sport. Avec son père, Salomon il ne parlait pas de politique.  Pourtant, mardi matin, il a quitté sa maison pour rejoindre le cortège. Touché de deux balles, il succombera à l’hôpital.

« Les jeunes, on ne connaît pas leur cœur, on ne connaît pas le cœur des enfants. Donc il est sorti discrètement pour aller rejoindre ses collègues, c’est ainsi qu’il est tombé… C’est un enfant qui prenait ses études à cœur et l’amitié aussi. »

Dans cette autre famille, les visiteurs viennent adresser leurs condoléances. Les amis de Sina Garandi affirment qu’on l’a visé sans raison. Djono, son oncle, est fataliste. « Ce qui est arrivé est arrivé. La colère, cela aboutit à quoi ? Nous, on va attendre son inhumation. Parce que on réclame quoi à qui ? Il n’y a pas de justice. On poursuit qui ? »

Afin de rendre hommage aux défunts, les organisateurs des manifestations espèrent convaincre les familles d’organiser des funérailles communes samedi.

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