Le gouvernement gabonais entend franchir un cap décisif dans la valorisation de son manganèse. Réuni récemment avec les principaux acteurs de la filière, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Gilles Nembe, a affiché une ambition claire : parvenir à transformer localement 100 % du manganèse extrait sur le territoire d’ici 2029, conformément à la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Autour de la table figuraient des poids lourds du secteur, notamment la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), la Nouvelle Gabon Mining (NGM), la Compagnie industrielle et commerciale des Mines de Hangzhou (CICMHZ) ainsi que l’entreprise AMD. Au cours des échanges, NGM a notamment annoncé la création prochaine d’une unité de transformation capable de produire 70 000 tonnes d’alliages de manganèse, marquant ainsi une première avancée concrète.
Pour le ministre, la transformation locale constitue un levier essentiel de croissance et d’industrialisation. Il a insisté sur la nécessité pour les opérateurs de renforcer leur concertation et de mutualiser leurs moyens, afin d’accélérer la mise en place des investissements requis et de respecter les délais fixés.
Dans la foulée de cette rencontre, Gilles Nembe a également échangé à plusieurs reprises avec Paulo Castellari, le nouveau directeur général du groupe Eramet. Ces discussions ont abouti à la création d’un groupe de travail conjoint entre l’État gabonais et Eramet, chargé de piloter la stratégie de transformation sur place de la totalité du manganèse produit dans le pays.
Pour Libreville, cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et de générer davantage de valeur ajoutée à l’échelle nationale. Une dynamique qui, selon les autorités, doit contribuer à stimuler l’emploi local et à consolider la diversification de l’économie.