Transformation locale du manganèse : Eramet s’engage pleinement aux côtés du Gabon

Transformation locale du manganèse : Eramet s’engage pleinement aux côtés du Gabon

Le processus de transformation structurelle de l’économie gabonaise vient de franchir un nouveau cap décisif. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu en audience le 18 juillet 2025 une délégation du groupe minier français Eramet, conduite par son directeur général, Paolo Castellari. Un échange stratégique qui a scellé l’engagement ferme du groupe à accompagner la vision nationale de transformation locale du manganèse, pierre angulaire du projet d’industrialisation et de souveraineté économique du Gabon.

Un tournant dans les relations entre l’État et Eramet

Cet entretien intervient dans un contexte où le gouvernement gabonais a annoncé l’interdiction d’exporter du manganèse brut à partir du 1er janvier 2029, conformément à la décision prise en Conseil des ministres le 30 mai dernier. Cette mesure vise à valoriser localement les ressources naturelles du pays et à maximiser leur contribution au développement économique et social.

Face à cette nouvelle orientation, Eramet, maison-mère de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), a longtemps affiché des réticences, hésitant à adhérer pleinement à cette stratégie qui exige des investissements et une refonte du modèle économique minier classique fondé sur la simple extraction. Mais le dialogue instauré par le président de la République semble avoir porté ses fruits. La délégation d’Eramet a non seulement confirmé son alignement sur la politique gabonaise, mais aussi dévoilé une série d’engagements concrets qui amorcent une nouvelle ère dans le partenariat entre les deux parties.

Des engagements structurants pour l’économie gabonaise

Au terme de la rencontre, plusieurs décisions majeures ont été arrêtées. Eramet s’est ainsi engagé à transformer localement plus de deux millions de tonnes de manganèse en alliage, une ambition qui devrait générer à terme plus de 16 000 emplois directs et indirects pour les Gabonais. Par ailleurs, la « gabonisation » progressive des postes de direction au sein des filiales COMILOG et SETRAG a été décidée. Les postes de directeur général et de responsable des ressources humaines seront désormais confiés à des cadres gabonais, un signal fort en faveur de la souveraineté nationale.

Autre avancée notable : la comptabilité d’Eramet sera dorénavant domiciliée au Gabon, et les flux financiers issus de l’exploitation minière devront transiter par des comptes bancaires basés sur le territoire national. De plus, la commercialisation du manganèse gabonais sera également effectuée depuis le pays, renforçant ainsi la transparence et le contrôle des revenus miniers.

Dans la même dynamique, Eramet a confirmé le lancement d’un projet de construction d’une centrale électrique, ainsi que l’édification d’un nouveau siège social à Libreville, autant d’investissements qui devraient stimuler le tissu économique local.

Un modèle de souveraineté et de développement inclusif

Le président Oligui Nguema a salué « la qualité du dialogue » entretenu avec le groupe français et réaffirmé la détermination du Gabon à bâtir un modèle économique fondé sur la souveraineté, la création de valeur locale et le développement inclusif. Il a également rappelé que ces avancées s’inscrivent dans la continuité d’une réflexion stratégique ancienne, matérialisée notamment par la création de l’École des Mines et de la Métallurgie de Moanda (E3MG) et du Complexe Industriel de Moanda (C2M), mis en service en 2015 et capable de transformer 100 000 tonnes de manganèse par an.

Avec cette nouvelle impulsion, le Gabon amorce un virage décisif : sortir du schéma classique de l’économie de rente pour édifier une industrie minière robuste, compétitive et durable. Le pays veut désormais s’assurer que l’exploitation de ses ressources ne bénéficie pas uniquement aux investisseurs étrangers, mais qu’elle serve avant tout les intérêts stratégiques et les aspirations de sa population.

Cette étape marque ainsi le début de ce qui s’apparente à un nouveau pacte minier, plus équitable, plus transparent et résolument tourné vers la transformation locale et la montée en gamme industrielle du Gabon.

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