Quelques jours après la démission forcée du Président Malien Ibrahim Boubacar Keïta, plusieurs personnes se posent la question de savoir qui va le succéder. À cette préoccupation, la junte qui l’a renversé a décidé de mettre en place « un président de transition », qui sera « un civil ou un militaire ».

Cette information a été donnée par son porte-parole le colonel major Ismaël Waguë, lors d’une interview accordée à France 24 ce jeudi 20 août 2020.

Ismaël Waguë est le colonel-major qui a annoncé, en pleine nuit sur la télévision nationale, que l’armée avait pris le pouvoir. Chef d’état-major de l’armée de l’Air, considéré par ses pairs comme « rigoureux », il a appelé les Maliens à « vaquer librement à leurs occupations », les fonctionnaires à retourner au travail et demandé l' »arrêt des actes de vandalisme ».
A la question de France24 sur la nature de ce qui s’est passé au Mali, Ismaël Waguë a rejeté le terme de « coup d’État » et a justifié l’intervention des militaires par les « souffrances » de la population et par les « dysfonctionnements dans l’armée », et une corruption « trop élevée ».

Avec les autres militaires qui ont pris le pouvoir, ils ont instauré un Comité national pour le salut du peuple (CNSP) pour mettre en place la transition. Assimi Goïta qui s’est autoproclamé chef de la junte est le nouvel homme fort du Mali. Le colonel de 37 ans commandait jusqu’alors le Bataillon autonome des forces spéciales et des « Centres d’aguerrissement », selon un communiqué publié par la junte. Par le passé, il a été engagé en opération extérieure au Darfour et a été décoré par la France et l’ONU.
Quand Assimi Goïta a affirmé mercredi sa volonté d’assurer « la continuité des services de l’État », la coalition d’opposition du M5-RFP s’est dit prête à élaborer avec la junte une transition politique. Mais Ismaël Waguë assure auprès de France 24 « n’avoir aucun contact » avec le M5. « On n’est manipulés par aucun parti politique », a-t-il ajouté.
Le CNSP se compose également de Malick Diaw, le premier vice-président et Sadio Camara, le meneur d’hommes. Le colonel Malick Diaw est considéré comme le coordinateur de l’intervention des militaires qui a mené à la destitution du président Keïta. Il était avant le coup d’État adjoint du commandant de la zone militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako.
De son côté, le colonel Sadio Camara exerce une emprise sur ses troupes qui apprécient sa « rigueur » et son « sérieux ». Il a servi dans le Grand Nord malien et a encadré la Garde nationale. En détachement dans une école militaire à Moscou, il était en vacances à Bamako lors du déclenchement du coup d’État.