Mariam Bamba est actuellement condamnée à mort au Koweït. La handballeuse ivoirienne qui y vivait depuis un certain temps, était traitée comme une esclave. Son tort, avoir tenté de fuir pour échapper à ses maitres. Un péché grave dans ce pays de l’Asie de l’Ouest qui vaut une condamnation à mort. Le Président Alassane Dramane Ouattara est appelé au secours !
C’est un péché à ne pas commettre dans ce pays d’Asie occidentale. On ne tente pas de s’enfuir lorsqu’on est employé par des « maitres ». Les lois sont rigides dans ce pays, surtout par rapport aux étrangers. En 2020, le pays a accéléré sa « Koweïtisation », processus visant à remplacer les travailleuses et travailleurs étrangers par des ressortissants koweïtiens afin d’enrayer la hausse du chômage. Ce que des voix ont condamné.
Mariam Bamba est une Ivoirienne. Handballeuse, elle est gardienne d’Elite Handball club de Côte d’Ivoire. Elle y évoluait jusqu’à l’année dernière où elle a été tentée par le rêve koweïtien. Elle s’y est rendue et s’est retrouvée dans un système d’esclavage, fort exploitée par ses maitres. Mariam a cherché des moyens pour s’enfuir. Mais elle a été prise. Rattrapée donc par ses maitres, elle tombe sous le coup de la loi et est confiée à la justice. Condamnée à mort par lapidation, elle ne pourrait pas s’en sortir. A moins que les autorités ivoiriennes se mobilisent pour obtenir sa libération.
Au Koweït, les étrangers n’ont pratiquement droit à rien. Ce qui heurte les Nations-Unies. En juillet 2020, dans le cadre de l’Examen Périodique Universel (EPU) organisé par le Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies, l’Etat a rejeté les recommandations l’invitant à ratifier certains traités ou à y adhérer, notamment ceux protégeant les droits des travailleuses et travailleurs migrants et des personnes réfugiées. Il a également refusé de mettre ses lois en conformité avec les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association. Des droits qui ont même encore été abusivement restreints avant la session de l’EPU de cette année.
Il faut aussi noter que face à la progression de la pandémie à coronavirus, une amnistie d’un an a été accordée en 2020 aux migrants et migrantes en situation irrégulière pour leur permettre de quitter le pays sans avoir à payer d’amende ni de frais de voyage. Ces migrants qui ne bénéficiaient toujours pas d’une protection sociale suffisante contre l’exploitation et les mauvais traitements. Mariam Bamba, elle autre, ne s’est pas retrouvée dans ce lot de travailleurs étrangers. Mais désillusionnée et dépassée par sa difficile situation d’esclave, elle a juste décidé de retourner dans son pays la Côte d’Ivoire.
Mariam Bamba lance un appel aux autorités ivoiriennes, aux peuples de Côte d’ivoire et d’Afrique et à toutes les bonnes volontés de se mobiliser davantage afin que des actions soient menées en vue de sa libération. Le Président de la République Alassane Dramane Ouattara, notre confrère de RFI Claudy Siar (qui a déjà entamé une démarche importante en ce sens), le footballeur Didier Drogba, Samuel Eto’o et tout le monde sportif sont donc appelés au secours. « Son fils de 3 ans abandonné à Abidjan lui manque », confie une de ses connaissances.
Prosper AKPOVI