Vladimir Poutine a officialisé vendredi l’annexion par la Russie de quatre régions de l’est et du sud de l’Ukraine consultées par référendum, au nom du « droit à l’autodétermination des peuples », une initiative immédiatement condamnée par les Occidentaux qui examinent de nouvelles sanctions contre Moscou.
Cette proclamation, signe de la détermination du président russe, est intervenue trois jours après la clôture des référendums organisés dans les quatre régions concernées (Louhansk, Donetsk, Kherson, Zaporijjia) – et non reconnus par la communauté internationale – qui se sont conclus par un « oui » au rattachement à Moscou à quelque 99%.
« NOS CITOYENS POUR TOUJOURS »
« C’est la volonté de millions de personnes », a affirmé Vladimir Poutine lors d’une cérémonie officielle en présence de centaines de dignitaires dans le cadre de la salle de l’Ordre de Saint-George, au Kremlin.
« Les habitants de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia deviennent nos citoyens pour toujours », a-t-il ajouté, ajoutant que les populations avaient voté « sans équivoque » pour « un avenir commun ».
« Quatre nouvelles régions russes » seront ainsi formées, a-t-il dit, avant de signer des documents formalisant l’annexion aux côtés des quatre représentants des territoires venus à Moscou.
Nous défendrons ces terres « de toutes nos forces et par tous les moyens », a-t-il martelé, parlant d’un combat « pour la grande Russie historique » face à « l’hégémonie occidentale » et au « modèle néocolonial ».
« Bienvenue à la maison », a lancé quelques heures plus tard le chef du Kremlin à des milliers de spectateurs invités à assister sur la place Rouge à un concert pop patriotique sur une grande scène parée des couleurs nationales. « La victoire est à nous », a encore affirmé Vladimir Poutine.
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Les habitants des régions annexées ont fait le choix de rejoindre leur « mère patrie », a déclaré le président russe avant d’encourager la foule à acclamer l’annexion et le « sacrifice » des soldats russes par des « hourras », aux cris de « Rossia! » (Russie).
Interrogé sur ce qu’il adviendrait des zones qui ne sont pas actuellement sous contrôle russe, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a précisé vendredi avant le discours de Vladimir Poutine : « Elles doivent être libérées ».
Vladimir Poutine, applaudi à plusieurs reprises lors de la cérémonie au Kremlin, a appelé l’Ukraine, envahie par l’armée russe le 24 février dernier, à « un cessez-le-feu » et à revenir à la table des négociations.
L’Ukraine est prête à négocier avec la Russie quand celle-ci aura « changé de président », a répondu Volodimir Zelensky dans une déclaration enregistrée.
« Kiev doit respecter le choix de ce peuple, c’est le seul chemin vers la paix », a assuré Vladimir Poutine.
« L’Union soviétique n’existe plus, nous ne pouvons plus revenir dans le passé, mais la Russie n’en a plus besoin, n’a plus besoin de cela », a-t-il lancé.
« Voulons-nous que dans notre pays, au lieu d’avoir un père et une mère, nous ayons un parent n°1 et un parent n°2? (…) Qu’on parle à nos enfants des opérations de changement de sexe? », a-t-il lancé, jugeant que la « propagande » de la « dictature du dollar » masquait la vérité.
La russophobie à l’œuvre dans le monde est du « racisme », a-t-il dénoncé.
En outre, le dirigeant russe a de nouveau accusé les Occidentaux d’être à l’origine des quatre fuites d’importance détectées sur les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, en mer Baltique, évoquant des « explosions ».■

