Frantz Fanon, né le 20 Juillet 1925 à Fort-de-France, dans la Martinique, est issu d’une famille afro-Caribéenne. Il a fait ses études au Lycée Victor-Schoelcher, école où enseignait également le célèbre écrivain Aimé Césaire.
En 1943, alors qu’il n’a que 18 ans, il s’engage dans l’armée Française de la libération. Bien qu’étant Africain, il se sentit appelé à rejoindre les efforts de la France, parce que selon lui: « A chaque fois que la liberté et la dignité de l’homme sont en question, nous sommes tous concernés. »
Toujours membre de l’armée Française, il est envoyé quelques semaines après en Algérie. C’est là qu’il a l’occasion de bien comprendre la structure de la société coloniale. Selon lui, la société coloniale était sous forme d’une Pyramide, les blancs étaient au sommet de cette pyramide, et les noirs se trouvaient à son pied. Cette expérience réveilla en lui un esprit anti-colonialiste.
À partir de l’expérience du racisme qu’il subit lorsqu’il avait rejoint l’armée Française, ainsi que la maltraitance qu’il voyait les Algériens subir dans leur propre pays, il rédigea: « Peau Noire, masque Blanc » Dans ce livre, il exprima à des termes très directs comment la colonisation entraîne la dépersonnalisation qui fait de l’homme colonisé un être infantilisé, rejeté, déshumanisé, acculturé et aliéné.
Cette œuvre connut un succès historique, ce qui n’avait pas plu aux Français. Il fut même expulsé de l’Algérie, et alla trouver refuge à Tunis. En 1959, il participa au congrès Panafricain d’Accra aux côtés des autres grands leaders Africains tels Kwame Nkrumah ou encore Patrice Émeri Lumumba.
Son modèle de l’écriture était Jean Paul Sartre, qu’il rêvait de rencontrer avant sa mort. Son rêve fut réalisé en 1961, lorsque Sartre se déplaça en Italie pour parler avec lui durant trois jours. L’auteur Français déclara même: « De toute ma vie, je n’ai jamais été aussi séduit et bouleversé par un homme. »
Cet homme est l’une des plus grandes figures du continent noir. Il déclara dans l’une de ses citations: « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve en Congo. » Selon la pensée de cet auteur, l’Afrique a le potentiel de dominer la planète terre, et son explosion devrait partir de la RD Congo.
Il est malheureusement mort le 6 décembre 1961, l’année même de sa rencontre avec Sartre selon ses rêves, à l’âge de 36 ans. C’est seulement après quelques années que son corps fut rapatrié en Algérie.
Que chaque citoyen africain tire les leçons conséquentes sur la vie de ce digne fils de notre terre.
Mabiala Lezi
