La scène diplomatique et économique continentale vient de franchir un palier historique. Le Caire a été le théâtre de la session inaugurale du Comité maroco-égyptien de coordination et de suivi, une instance inédite qui matérialise la volonté des deux nations de passer de la simple amitié diplomatique à une intégration économique profonde et structurée.

Une vision royale et présidentielle pour une intégration globale

Sous l’impulsion directe de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du Président Abdel Fattah Al-Sissi, cette rencontre a été coprésidée par le Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et son homologue égyptien, Moustafa Madbouli. L’objectif affiché est clair : transformer les liens historiques séculaires en un moteur de croissance concret.

Aziz Akhannouch a insisté sur le fait que ce partenariat doit désormais dépasser le stade des intentions pour devenir une « intégration économique globale ». Cette ambition repose sur un modèle « gagnant-gagnant », visant à faire des deux pays un pôle de stabilité et de prospérité exemplaire pour l’ensemble du continent.

Lever les barrières et fluidifier les échanges commerciaux

Pour que cette alliance porte ses fruits, le Maroc et l’Égypte s’attaquent aux obstacles structurels qui freinent encore leur potentiel commercial. Plusieurs leviers ont été identifiés :

  • L’explosion des volumes : Il est jugé urgent d’augmenter significativement la valeur et la quantité des échanges de marchandises.

  • La simplification administrative : Un effort de débureaucratisation est prévu pour lever les contraintes qui entravent la fluidité du commerce.

  • L’optimisation des accords existants : Les deux pays entendent tirer un profit maximal des accords de libre-échange, qu’ils soient régionaux ou continentaux, pour booster leur compétitivité.

Infrastructures et logistique : Le pont maritime Tanger Med – Port-Saïd

L’un des projets les plus spectaculaires de cette coopération est la création d’un véritable pont maritime direct. Ce corridor logistique relierait les infrastructures de classe mondiale des deux pays :

  1. Tanger Med, le géant portuaire marocain sur l’Atlantique et la Méditerranée.

  2. Port-Saïd Est et l’axe stratégique du Canal de Suez en Égypte.

Cette connexion directe vise à établir une plateforme logistique incontournable, capable de propulser les exportations marocaines et égyptiennes vers les marchés mondiaux, notamment l’Afrique, l’Europe et l’Asie.

Industrie, Énergie Verte et Mines : Les nouveaux piliers de croissance

La coopération se décline également à travers une alliance industrielle et énergétique de pointe :

  • Plateforme d’investissement commune : Un mécanisme sera mis en place pour croiser les données économiques, favoriser la création de joint-ventures et capitaliser sur les avantages compétitifs respectifs.

  • Révolution énergétique : Les deux puissances prévoient un échange d’expertise massif dans les énergies renouvelables. Cela concerne les méga-projets de solaire et d’éolien, avec un focus stratégique sur le développement de l’hydrogène vert.

  • Souveraineté minière et continentale : En coordonnant leurs actions au sein de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), Rabat et Le Caire souhaitent s’imposer comme un bloc uni. Cette volonté s’étend également à la coopération ciblée dans le secteur de l’exploration minière.

Diplomatie, Culture et Soft Power

Au-delà des chiffres, l’alliance s’enracine dans l’humain et la culture. Les deux délégations ont souligné l’importance de valoriser le patrimoine commun, tant matériel qu’immatériel, via :

  • La multiplication des échanges artistiques.

  • Le soutien aux industries créatives.

Sur le plan géopolitique, Aziz Akhannouch a profité de cette tribune pour réitérer la position constante du Royaume sur la question palestinienne. Il a rappelé que, malgré l’escalade militaire actuelle au Moyen-Orient, ce dossier reste la clé de la stabilité régionale. Le rôle du Roi Mohammed VI, en tant que président du Comité Al-Qods, a été réaffirmé pour la protection de la Ville sainte.

Une « Task Force » gouvernementale de haut niveau

L’importance de cet événement a été soulignée par la qualité de la délégation marocaine dépêchée au Caire. Autour d’Aziz Akhannouch, une véritable équipe d’experts ministériels a fait le déplacement :

  • Nasser Bourita (Affaires étrangères)

  • Nadia Fettah (Économie et Finances)

  • Nizar Baraka (Équipement et Eau)

  • Ahmed Bouari (Agriculture)

  • Ryad Mezzour (Industrie et Commerce)

  • Mohamed Mehdi Bensaid (Jeunesse, Culture et Communication)

  • Karim Zaidan (Investissement)

  • Mohamed Aït Ouali (Ambassadeur du Maroc en Égypte)

Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la détermination du Maroc et de l’Égypte à devenir les nouveaux moteurs de la compétitivité africaine à travers une signature d’accords juridiques modernisés et adaptés aux enjeux du XXIe siècle.

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