Le paysage médiatique et politique sénégalais est marqué par un rebondissement majeur. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé mardi une grâce présidentielle au journaliste René Capain Bassene. Suite à cette décision, ce dernier a pu quitter son lieu de détention à Dakar dès le lendemain, mercredi.

Un observateur clé du conflit en Casamance

René Capain Bassene n’est pas un inconnu dans la région. Il a consacré la majeure partie de sa carrière professionnelle à couvrir un sujet complexe et hautement sensible : le conflit qui oppose le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) au gouvernement central sénégalais.

René Capain Bassene, journaliste sénégalais

Pour rappel, la Casamance est une région géographiquement isolée, presque entièrement séparée du reste du Sénégal par la Gambie. Elle est le théâtre d’une rébellion indépendantiste qui perdure depuis maintenant 43 ans.

L’affaire de la forêt de Bayottes

Le journaliste avait été lourdement condamné à la prison à perpétuité. La justice lui reprochait une implication dans le massacre de la forêt de Bayottes, survenu en janvier 2018. Lors de ce tragique événement, 14 bûcherons avaient été rassemblés puis sauvagement exécutés par des individus armés.

Une décision saluée par les défenseurs des médias

Cette mesure de grâce a été accueillie avec un grand soulagement par les organisations de défense de la presse, notamment le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le représentant en Afrique francophone de l’organisation a fermement réagi à cette libération :

« Le président sénégalais a cherché à corriger une grave erreur judiciaire à l’encontre d’un journaliste qui a consacré toute sa carrière à la résolution du conflit séparatiste en Casamance. »

Le CPJ a d’ailleurs précisé que cette condamnation reposait sur des bases fragiles. Après avoir minutieusement examiné les documents judiciaires et mené des entretiens approfondis avec René Capain Bassene, ses coaccusés ainsi que plusieurs témoins, l’organisation a conclu que l’enquête initiale concernant le journaliste était gravement viciée. En lui accordant sa grâce, le pouvoir exécutif met un terme à ce que les défenseurs des droits de l’homme considéraient comme une profonde injustice.

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