Pour résorber la fracture numérique dans ses localités les plus isolées, la Côte d’Ivoire mise désormais sur les technologies de l’espace. À l’issue d’une rencontre de haut niveau entre le ministère de la Transition numérique et l’organisation panafricaine RASCOM, le pays pose les bases d’un plan d’action conjoint destiné à garantir une couverture télécom universelle sur l’ensemble du territoire national.

Une alliance stratégique pour la couverture universelle du territoire

C’est au siège de l’Organisation régionale africaine de communications par satellite (RASCOM), situé au Plateau, que s’est déroulée une étape décisive le vendredi 31 juillet 2026. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, y a piloté une séance de travail officielle afin d’inscrire le spatial au cœur du désenclavement national.

Cette concertation vise à formaliser une feuille de route commune appuyée sur des infrastructures satellitaires fiables. Le cap fixé par les autorités est ambitieux : l’État ivoirien entend porter la contribution du secteur numérique à 15 % du PIB à l’horizon 2030. En retenant la technologie spatiale comme levier économique transversal et solution centrale pour le service universel, le gouvernement aligne directement sa stratégie sur les capacités opérationnelles de l’opérateur panafricain.

Pour matérialiser ces raccordements sur le terrain, des réunions techniques réunissant les entités chargées du service universel des télécommunications sont programmées dès la semaine prochaine.

Des applications transversales au-delà du haut débit

L’ambition gouvernementale dépasse le simple cadre de l’accès à Internet haut débit dans les zones reculées. L’imagerie et les données spatiales serviront d’outils de pilotage pour plusieurs secteurs clés de l’économie et de la gestion de l’État :

  • Sécurité : Appui à la surveillance continue du territoire national.

  • Agriculture : Optimisation de la productivité agricole grâce aux données spatiales.

  • Gestion foncière : Modernisation des systèmes d’information géographique (SIG) appliqués aux domaines ruraux et forestiers.

Face à ces enjeux majeurs, le ministre Djibril Ouattara préconise une mutualisation des forces à l’échelle continentale afin de déployer des constellations africaines de satellites en orbite basse.

Souveraineté technique et montée en compétence de l’expertise africaine

Ce partenariat s’appuie sur une coopération technique déjà éprouvée. Comme l’a rappelé le directeur général de la RASCOM, Timothy Adi Ashong, la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) a notamment exploité les services satellitaires de l’organisation pour retransmettre les rencontres de la Coupe d’Afrique des Nations 2023.

Fondée en 1992 sous l’égide de l’Union africaine, la RASCOM œuvre depuis sa création à la réduction de la fracture numérique par des solutions technologiques exclusivement africaines. Afin de pérenniser cette autonomie et de réduire la dépendance historique du continent envers les expertises extérieures, l’organisation franchit un nouveau pas : elle lancera, du mercredi 2 au vendredi 4 septembre 2026, la première session de formation en ligne de la RASCOM Academy, un programme intensif destiné à encadrer la future génération d’ingénieurs du continent.

 

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