Le Gabon franchit un cap hautement stratégique dans son processus de repositionnement multilatéral. Après avoir soumis avec succès ses propres institutions aux grilles de lecture de l’ONU, Libreville se voit confier par l’ONUDC la mission d’évaluer, de concert avec l’Uruguay, les dispositifs de lutte contre la corruption de la République des Seychelles.

Une transition statutaire majeure : de la table des examinés au banc des examinateurs

Le retour du Gabon au premier plan des instances décisionnelles internationales se concrétise de manière spectaculaire dans le domaine de la transparence publique. Le pays vient en effet de clore avec succès son propre parcours sous le second cycle d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a officiellement désigné la diplomatie gabonaise pour co-diriger une mission de supervision de la plus haute importance.

Aux côtés des émissaires de l’Uruguay, la délégation gabonaise a la charge de passer au crible l’architecture institutionnelle et législative de la République des Seychelles. Cette transition, qui voit le Gabon muter du statut d’État audité à celui d’État auditeur, incarne une reconnaissance technique indéniable. Elle vient saluer les efforts de mise aux normes internationales consentis ces dernières années par les autorités gabonaises.

Une mission de haut vol à Victoria pour scruter le modèle seychellois

C’est au cœur de la capitale seychelloise, à Victoria, qu’une délégation d’experts gabonais est déployée. Ce mandat d’évaluation s’inscrit dans le protocole rigoureux du mécanisme d’examen de la CNUCC, dont le pays tiers est désigné par un système transparent de tirage au sort sous l’égide de l’ONU.

Durant plusieurs journées d’audits et d’échanges techniques, le binôme américano-africain (Uruguay-Gabon) scrute les rouages de l’État insulaire de l’océan Indien. L’évaluation se concentre sur deux piliers névralgiques de la lutte contemporaine contre la criminalité financière :

  • Les politiques de prévention : l’évaluation de la transparence au sein des institutions publiques et des administrations de l’archipel.

  • Le recouvrement des avoirs : l’examen de la capacité juridique et opérationnelle de l’État seychellois à tracer, geler et rapatrier les biens et fonds issus d’infractions de corruption.

L’expertise gabonaise à l’œuvre : le déploiement de la CNLCEI

Pour mener à bien cette mission de confiance internationale, la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI) a mobilisé ses profils les plus chevronnés. Sous l’impulsion de son président, Nestor Mbou, la conduite de la délégation a été confiée à Séraphin Ondoumba. En sa qualité de commissaire-membre, expert gouvernemental et point focal national de référence auprès de l’ONUDC, ce dernier apporte une expertise de premier ordre aux séances de travail de Victoria.

Seraphin Ondoumba, lors de sa prise de parole

Pour parfaire ce dispositif, il est épaulé par Silvère Nzamba, lui aussi expert gouvernemental au sein de la commission nationale. Ensemble, ils collaborent de manière étroite avec les spécialistes onusiens pour s’assurer que les standards internationaux de la Convention soient rigoureusement jaugés chez leurs homologues seychellois.

Le grand retour de Libreville au cœur du multilatéralisme

« Cette nouvelle responsabilité vient renforcer la crédibilité du pays sur les questions de gouvernance publique et témoigne de son retour dans les mécanismes multilatéraux où l’expertise, la coopération et la confiance entre États constituent les principaux leviers d’action. »

Au-delà de l’exercice purement technique et juridique, ce déplacement aux Seychelles revêt une portée symbolique majeure pour la diplomatie gabonaise. Il marque le grand retour du Gabon au sein des enceintes internationales où se définissent les normes de la gouvernance mondiale.

En acceptant de porter le costume d’évaluateur pour l’ONU, Libreville démontre non seulement la conformité de ses propres structures intérieures, mais réaffirme également son ambition politique : celle d’être un acteur proactif, crédible et écouté dans le concert des nations, où la transparence est devenue la clé de voûte de la confiance macroéconomique et des alliances internationales.

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