Dans les salles du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, à Rabat, des figures familières s’imposent en grand format. Mais loin des photos officielles figées, les chefs d’État africains apparaissent ici sous un tout autre jour : puissants, héroïques, presque mythologiques. À travers A Maze of Power, Kehinde Wiley transforme ces dirigeants en icônes, dans une mise en scène inspirée des codes de la peinture royale européenne.
C’est dans le sillage de son célèbre portrait de Barack Obama, dévoilé en 2018, que Kehinde Wiley a lancé cette série de tableaux. L’artiste, qui explore depuis des années les liens entre pouvoir, race et représentation, a pu obtenir des audiences avec plusieurs dirigeants africains, les convainquant de poser pour lui. Résultat : une quinzaine de portraits monumentaux, riches en symboles et en contrastes.
Le labyrinthe, pour chaque dirigeant, c’est une série de défis quotidiens : comment exercer ce pouvoir, comment négocier ses fonctions explique Kehinde Wiley
Inspiré par la peinture classique, Wiley place ses sujets dans des décors somptueux, entre végétation luxuriante, chevaux de bataille, et motifs baroques. Madagascar, Côte d’Ivoire, Congo, Rwanda… Les présidents représentés viennent d’horizons variés, et parfois opposés. Dans l’un des tableaux, l’ancien président malgache Hery Rajaonarimampianina pose à cheval. Dans un autre, Alassane Ouattara, président de Côte d’Ivoire, serre une épée avec gravité.
Au-delà de la politique
Bien que certains de ces dirigeants soient controversés accusés de corruption, d’avoir bafoué les limites de mandats présidentiels, ou même engagés dans des conflits armés l’artiste insiste : son objectif n’est pas de juger leur action politique. Ce projet, ce n’est pas un jugement. C’est une réflexion sur des siècles de représentations du pouvoir, souvent dominées par l’Europe ajoute Kehinde Wiley. Avant de peindre, l’artiste passe du temps avec chacun de ses sujets. Il discute avec eux d’histoire de l’art, de symbolisme, et de la responsabilité qu’implique le fait d’être représenté.
Après Paris et Dakar, Rabat est la troisième ville à accueillir cette exposition. Elle s’inscrit dans la stratégie du musée marocain de s’imposer comme une plateforme majeure de l’art africain contemporain. Juste en face du musée, un autre établissement est en cours de finalisation : le futur Musée du Continent Africain, qui devrait ouvrir ses portes en 2026.
A Maze of Power est visible jusqu’à la fin de l’année au Musée Mohammed VI.
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