Le Gabon est reparti d’Abuja avec des engagements financiers de taille. À l’occasion de la 32e Assemblée annuelle de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), organisée cette semaine dans la capitale nigériane, Libreville a officialisé la signature de deux importants accords de financement, pour un montant global de 1 800 milliards de francs CFA.
Conduite par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la délégation gabonaise a obtenu un premier appui d’envergure : une ligne de crédit de 1 677 milliards de francs CFA pour soutenir la transformation du manganèse et la réalisation d’une nouvelle ligne de chemin de fer. Objectif affiché : valoriser davantage les ressources minières du pays et moderniser les infrastructures logistiques, afin d’en tirer un meilleur profit pour l’économie nationale.
Dans le secteur énergétique, le Gabon a également décroché un financement de 131 milliards de francs CFA. Ce montant sera consacré à la construction de trois centrales électriques implantées à Libreville, Port-Gentil et Lambaréné, pour une puissance cumulée de 300 mégawatts. Ce projet devrait contribuer à réduire les déficits de production et à garantir un meilleur accès à l’électricité pour les populations, tout en soutenant les activités industrielles.
Placée sous le thème « Bâtir l’avenir sur des décennies de résilience », la rencontre d’Abuja a réuni de nombreux décideurs africains, des acteurs économiques, ainsi que des experts financiers. Pour Afreximbank, il s’agissait de faire le bilan de ses trente années d’action au service de l’intégration et du commerce intra-africains, tout en posant les jalons d’une coopération encore plus solide face aux incertitudes économiques mondiales.
Au-delà des signatures de conventions, la présence gabonaise à cette grande messe financière traduit une volonté claire : accélérer la diversification de l’économie et multiplier les partenariats sur le continent. Avec ces financements, le gouvernement entend notamment impulser de nouvelles dynamiques industrielles, renforcer la transformation locale des matières premières et moderniser ses infrastructures stratégiques.
Autour du président Oligui Nguema, plusieurs membres du gouvernement ont activement participé aux discussions. Parmi eux figuraient Henri-Claude Oyima, ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances et de la Vie chère ; Gilles Nembe, ministre des Mines et des Ressources géologiques ; Philippe Tonangoye, ministre de l’Energie et de l’Eau ; et Louise Ovono, ministre de la Planification et de la Prospective. Ces officiels ont pris part à des ateliers de réflexion sur la structuration et le financement de projets à l’échelle régionale, notamment en lien avec la transition énergétique et le développement d’infrastructures industrielles.
Pour le Gabon, ces engagements financiers constituent un levier essentiel dans la mise en œuvre de son plan de développement. Libreville souhaite en effet bâtir une économie moins dépendante du pétrole brut, plus diversifiée et tournée vers la transformation de ses ressources locales. Le renforcement de la coopération avec des institutions panafricaines solides comme Afreximbank s’inscrit pleinement dans cette logique.
À Abuja, la délégation gabonaise a ainsi réaffirmé sa détermination à soutenir des projets structurants et à encourager les investissements porteurs de croissance, au service d’une meilleure intégration économique africaine.