Deux hommes, de l’eau jusqu’aux genoux, hissent à bord d’une pirogue un imposant cercueil en bois : à N’Djamena, les inondations n’épargnent pas les cimetières et certaines familles endeuillées empruntent des pirogues pour enterrer leurs proches.
A bord d’un de ces esquifs, Yamadji Mobaye, 60 ans, s’efforce de faire contre-poids pour maintenir l’équilibre précaire de l’embarcation qui menace de chavirer.
Sa jeune nièce décédée quelques jours plus tôt doit être enterrée au cimetière de Toukra, rendu inaccessible en raison des inondations qui affectent depuis plusieurs semaines le sud de la capitale N’Djamena.
« C’est difficile quand Dieu rappelle un des nôtres en cette période d’inondations. La pirogue c’est notre seule chance d’accéder au cimetière », confie le sexagénaire. La route principale conduisant à Toukra est totalement submergée rendant quasi-impossible l’accès au plus grand cimetière chrétien de la ville.
Corbillard flottant
Depuis plusieurs semaines, la capitale et le sud du Tchad sont particulièrement touchés par de fortes inondations. Les crues du Chari et du Logone qui bordent N’Djamena ont affecté plus de 98 000 personnes, selon le dernier bilan du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) au Tchad.