Il fait partie des plus grands entrepreneurs français vivant au Gabon. Il a été témoin de l’évolution des infrastructures dans ce pays. Plusieurs édifices publics, hôpitaux, routes portent sa marque. Il y vit depuis 1980. Jean-Claude Baloche connaît ce pays des Bongo comme la paume de sa main. Sa célèbre entreprise Socoba, leader des BTP gabonais continue de rafler de gros contrats et d’y faire des prouesses.

Beaucoup avaient cru que Socoba allait être vendue. Une situation qui allait afficher aux yeux du monde la fragilité et la chute de l’homme d’affaires français. Ce n’était en effet que de simples rumeurs dont la presse avait fait son chou gras, tout comme les détracteurs du Français. Puisque ce sont plutôt l’inespéré et l’inattendu qui se sont produits. 2015. L’on assiste plutôt à une consolidation de la famille Baloche (notamment Jean-Claude) au sein de son capital, après le rachat des parts que détenait feu Omar Bongo Ondimba via Delta Synergies, la holding familiale. Et depuis plus de 6 ans déjà, c’est Soepar (famille Baloche) qui est l’actionnaire unique de Socoba. Socoba n’est donc pas à vendre. Les becs sont cloués ! Ils le demeurent jusqu’à présent.


Des confrères sont allés jusqu’à écrire : « SOKOBA EDTPL, société spécialisée dans la construction et l’entretien des routes, traine le pas, parce que sachant qu’elle n’a pas de compte à rendre à une Ossouka Raponda, encore moins à un Ali Bongo en ce qui concerne les routes de Libreville et dans l’arrière pays. ». Trainer le pas en réalité n’est souvent pas une mauvaise chose de la part des premiers dirigeants de Socoba. Jean-Claude Baloche, le patron de la structure, est un homme occidental. Pour construire des routes en occident, on prend le temps nécessaire et y associe l’expertise de qualité. Ce qui donne des routes de qualité durables qui peuvent faire des siècles. L’entrepreneur français a cette culture. Et il prend du temps pour tout étudier et engager toutes les études possibles, aussi géotechniques soient-elles.

Il n’aime tirer aucune conclusion hâtive parce qu’il ne veut nullement se laisser rattraper par des erreurs évitables. L’expérience lui a permis d’apprendre un certain nombre de choses dans son domaine. C’est ce qui devrait inspirer ceux qui passent tout leur temps à le critiquer par rapport au retard constaté dans la réhabilitation de la route du Boulevard Triomphal Omar Bongo à Libreville, annoncée pour fin novembre 2021. De plus, lors de sa dernière rencontre avec le Premier Ministre Rose Christiane Ossouka Raponda, elle a insisté sur la qualité des travaux : « (…) Les travaux commandés doivent être de qualité durables». Fort de ces propos, Baloche doit prendre tout son temps pour offrir aux Gabonais un travail de qualité.

Autre détail dans les BTP, il y a souvent un problème de fonds qui se pose. Lorsque le décaissement traine, les travaux devront indubitablement marquer aussi le pas. L’entreprise ne saurait à chaque fois préfinancer les travaux lorsque l’Etat traine à décaisser selon le chronogramme et les modalités définis. Jean-Claude Baloche se bat beaucoup, se donne vraiment à bras-le-corps pour assurer au Gabon un travail de qualité. « Mon boss aime toujours bien faire », nous confie un de ses collaborateurs. Un autre va plus loin : « Il ne dort presque pas. Il fait tout pour éviter les erreurs qui pourraient entacher l’image de Socoba ». Et c’est ce qui plaide toujours en sa faveur et il continue de rafler de gros marchés.

Il demeure le meilleur ! C’est l’un des Français incontournables de la République Gabonaise. Il a statut incroyable qu’il s’est forgé pendant des décennies. Nous sommes en 1980. L’ingénieur de formation pose ses valises à Libreville après avoir dirigé des chantiers au Sénégal et en Algérie. Des mois plus tard, il est nommé PDG de Socoba-EDTPL à la suite de son rachat par l’entreprise Jean Lefebvre. Baloche décroche de nombreux projets publics : routes, hôpitaux, hôtels, édifices administratifs. Son carnet de commande a vraiment fait le plein grâce à la Coupe d’Afrique des Nations organisée conjointement par le Gabon et la Guinée équatoriale en 2021. D’après Jeune Afrique, Socoba a profité d’une bonne partie du budget (370 millions d’euros) consacré à cet évènement en réalisant un stade de 20 mille places et une série d’échangeurs autoroutiers.

Selon plusieurs sources, l’homme ne se contente pas d’être un simple constructeur. En se rapprochant de la famille Bongo, le Français est devenu l’un des principaux acteurs de la scène politico-économique du Gabon. En 1996, il est désigné membre du Conseil économique et social et se fait élire à la présidence de la Confédération patronale. Un poste qu’il occupera 10 ans durant.
Prosper AKPOVI