Le Togo renforce l’efficacité de son corridor logistique vers le Burkina Faso. Réunis à Lomé, le ministre de l’Économie maritime et de la Protection côtière, Edem Kokou Tengue, la Directrice générale du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC), Denise Bado-Kéré, et les acteurs de la communauté portuaire ont officiellement lancé le transfert des conteneurs du Port Autonome de Lomé (PAL) vers la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) les dimanches. Cette mesure vise à fluidifier les opérations portuaires, réduire les délais d’acheminement des marchandises et conforter la position du corridor togolais comme axe logistique de référence en Afrique de l’Ouest.
Le PAL accélère la cadence
Face à l’augmentation constante du trafic de marchandises transitant par le Port Autonome de Lomé, les autorités togolaises poursuivent leur stratégie d’optimisation des opérations logistiques. Le lancement des transferts de conteneurs vers la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) les dimanches répond à un objectif précis. Celui d’assurer une continuité des opérations sur sept jours afin de réduire les délais d’évacuation des marchandises.
Pour le ministre de l’Économie maritime et de la Protection côtière, Edem Kokou Tengue, cette évolution répond à une nécessité opérationnelle : « il s’agit d’adapter en permanence notre chaîne logistique aux exigences du commerce international, en garantissant aux opérateurs économiques des solutions plus rapides et plus efficaces ».
Cette décision est le fruit d’une concertation entre les autorités togolaises, le Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) et l’ensemble des intervenants de la chaîne portuaire. Elle permettra de désengorger les terminaux, d’améliorer la rotation des conteneurs et de limiter les temps d’attente des transporteurs.
Dans un contexte de concurrence croissante entre les grands ports du golfe de Guinée, chaque heure gagnée sur le traitement des marchandises constitue un avantage compétitif déterminant.
Une réponse aux attentes du Burkina Faso
Premier partenaire de transit du Port de Lomé parmi les pays de l’hinterland, le Burkina Faso dépend largement de la performance du corridor togolais pour son approvisionnement en produits importés.
En facilitant les transferts même le dimanche, le PAL améliore la régularité des flux logistiques vers Ouagadougou et offre aux opérateurs burkinabè une plus grande prévisibilité dans leurs activités.
Edem Kokou Tengue a souligné que cette organisation renforcée traduit l’engagement du Port Autonome de Lomé à accompagner durablement les besoins des pays de l’hinterland, en particulier le Burkina Faso, qui constitue un partenaire stratégique du corridor togolais.
Au-delà de la réduction des délais, cette réforme devrait également contribuer à diminuer certains coûts logistiques, un enjeu majeur dans un contexte où les entreprises recherchent davantage de compétitivité.
La PIA confirme son rôle stratégique
Le lancement de ces opérations dominicales met également en lumière le rôle de plus en plus central de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé dans l’écosystème logistique togolais.
Pensée comme un prolongement naturel du Port Autonome de Lomé, la PIA permet de décongestionner les espaces portuaires tout en offrant des capacités supplémentaires de stockage, de traitement et de distribution des marchandises.
Cette complémentarité entre le PAL et la PIA s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à faire du Togo un hub logistique et industriel incontournable en Afrique de l’Ouest.
Une coopération historique renforcée
En marge de cette rencontre, le ministre Edem Kokou Tengue, également directeur général du PAL a été invité à signer le livre d’or du Conseil Burkinabè des Chargeurs. Il a également reçu des pagnes traditionnels tissés à la main, témoignage de l’amitié et de l’estime qui unissent les deux peuples.
Dans le message laissé dans le livre d’or, le ministre a rappelé la profondeur historique des relations entre le Burkina Faso et le Port Autonome de Lomé.
« Les relations entre le Burkina Faso, avec sa vivante communauté d’hommes et de femmes d’affaires, et le Port Autonome de Lomé sont plus que séculaires. », a-t-il salué.
Une déclaration qui traduit la volonté des deux pays de poursuivre une coopération fondée sur la confiance, la solidarité et des intérêts économiques communs.
Une ambition régionale assumée
Au-delà de son aspect technique, cette réforme traduit une vision plus large portée par les autorités togolaises : faire du corridor Lomé–Ouagadougou l’un des plus performants d’Afrique de l’Ouest.
En fluidifiant les opérations, en modernisant les procédures et en renforçant la coopération avec les pays de l’hinterland, le Togo consolide progressivement sa position de porte d’entrée privilégiée vers le Sahel.
Le lancement des transferts dominicaux entre le Port Autonome de Lomé et la Plateforme Industrielle d’Adétikopé illustre ainsi une stratégie où innovation logistique, efficacité économique et intégration régionale convergent pour renforcer la compétitivité du corridor togolais.
Au-delà de la simple organisation des opérations portuaires, cette initiative envoie un signal fort aux investisseurs et aux opérateurs économiques : le Togo entend continuer à innover pour offrir des solutions logistiques plus rapides, plus fiables et mieux adaptées aux exigences du commerce international.
Codjo Prosper AKPOVI

