L’activiste Kemi Seba, responsable de l’ONG Urgences panafricanistes, demeure en détention préventive en Afrique du Sud depuis son arrestation le 13 avril 2026. À la suite de reports successifs, sa détention atteint désormais une durée de trois mois. Ce dossier fait l’objet d’un examen bilatéral en raison d’une demande d’extradition officielle introduite par l’État du Bénin, qui s’appuie sur deux mandats d’arrêt internationaux distincts.

Une audience fixée au mois d’août pour examiner la demande d’extradition

Récemment, la justice sud-africaine a prononcé un nouveau report du procès. L’audience, désormais programmée pour le mois d’août 2026, sera consacrée à l’examen approfondi de la demande d’extradition formulée par les autorités béninoises. D’ici là, l’intéressé, qui exerce également la fonction de conseiller spécial du général Tiani, restera incarcéré en Afrique du Sud pour une durée d’au moins un mois.

Kemi Seba fait face à deux procédures parallèles devant les tribunaux sud-africains. La première concerne sa situation migratoire : il a été interpellé alors qu’il tentait de rejoindre clandestinement le Zimbabwe avec son fils et un facilitateur. Les autorités de Pretoria lui reprochent ainsi une entrée et un séjour frauduleux dans le pays.

Sur ce premier volet, la défense tablait sur une résolution rapide, particulièrement après que les autorités de transition du Niger eurent confirmé la validité du passeport diplomatique présenté par l’activiste. Néanmoins, la demande d’extradition transmise par le Bénin est venue s’ajouter à l’agenda de la justice sud-africaine.

Les fondements juridiques des poursuites béninoises

Originaire du Bénin, le leader panafricaniste fait l’objet de poursuites judiciaires dans son pays d’origine pour plusieurs infractions. Le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a détaillé la nature des deux mandats d’arrêt émis à son encontre.

Le premier mandat d’arrêt a été délivré en juin 2025 pour des faits présumés de « blanchiment de capitaux ». Le second mandat a été émis en décembre 2025, à la suite de la tentative de coup d’État survenue le 7 décembre au Bénin. La justice béninoise estime que les vidéos et les messages diffusés par l’activiste à cette période constituent un appui caractérisé aux militaires ayant mené cette tentative de déstabilisation.

Un dossier d’extradition complet transmis à Pretoria

La demande d’extradition émise par la partie béninoise repose sur un mémoire particulièrement détaillé. Selon les informations rapportées par RFI, il s’agit d’un document volumineux comportant plusieurs centaines de pages.

Cette pièce administrative expose de manière exhaustive l’ensemble des charges retenues contre Kemi Seba, en spécifiant les dates, les lieux ainsi que les circonstances précises des faits reprochés. Ce dossier a pour but d’apporter aux magistrats sud-africains les éléments nécessaires pour statuer sur le bien-fondé de l’extradition.

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