La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) s’apprête à se saisir d’un dossier aux contours singuliers. Selon les informations rapportées par BIP Radio, deux individus interpellés le mardi 1er septembre 2026 et placés depuis en garde à vue pourraient être présentés ce lundi 7 septembre devant le procureur spécial près la juridiction d’exception. Au cœur des investigations figure une escroquerie présumée d’un montant dépassant les 45 millions de francs CFA, bâtie sur la promesse illusoire d’un portefeuille ministériel.
Des promesses d’influence au sommet de l’État
L’affaire repose sur la plainte déposée par un tradipraticien. Selon les éléments révélés par le média local, la genèse de cette transaction douteuse remonterait au moins à l’année 2023. Le principal mis en cause, qui se présenterait comme le président d’une fondation, s’était prévalu de hautes relations au sommet de l’État. S’arrogeant le titre de conseiller à la présidence de la République, il aurait assuré à sa victime avoir joué un rôle déterminant dans la désignation de quatre ministres sous la précédente équipe gouvernementale.
Fort de cette prétendue influence, le suspect aurait proposé au tradipraticien de lui ouvrir les portes du gouvernement en facilitant sa nomination au sein de la nouvelle équipe. L’échéance du 24 mai 2026, date de l’annonce officielle du remaniement ministériel, devait concrétiser cet engagement. Cependant, la publication de la liste gouvernementale a scellé le rendez-vous manqué : le nom du praticien n’y figurait pas.
Un engrenage financier destructeur
Pour nourrir l’espoir d’accéder aux fonctions ministérielles, la victime présumée aurait répondu à des exigences financières répétées. Au total, plus de 45 millions de francs CFA auraient été versés au fil des sollicitations des mis en cause. Pour réunir une telle somme, le tradipraticien affirme avoir consenti à de lourds sacrifices patrimoniaux et financiers, allant de la vente de sa propre maison à la mobilisation d’avoirs issus de tontines, en passant par la souscription de multiples prêts.
La crédibilité de l’imposture aurait été entretenue par des démarches d’apparence administrative : le principal suspect aurait réclamé à plusieurs reprises le curriculum vitae de sa victime, renforçant chez cette dernière la certitude d’une nomination imminente.
Saisine de la justice et poursuites devant la juridiction spéciale
Constatant la vacuité des engagements pris à son égard, le tradipraticien s’est finalement résolu à saisir la justice. Les enquêtes menées par les forces de l’ordre ont rapidement abouti à l’interpellation du suspect principal ainsi que d’un second individu, présenté comme son complice. Dans le cadre de cette procédure, le plaignant a été entendu par les enquêteurs le vendredi 4 septembre.
Ce lundi marque une étape décisive avec la présentation probable des deux mis en cause devant le parquet de la CRIET. Créée par la loi n° 2018-13 du 2 juillet 2018, cette juridiction pénale spéciale à compétence nationale est spécifiquement chargée de réprimer les infractions économiques et financières ainsi que les actes de terrorisme.
À ce stade de la procédure, les deux hommes demeurent présumés innocents, et leur défèrement devant le procureur spécial ne préjuge en rien des orientations judiciaires ultérieures ou des poursuites qui seront retenir à leur encontre.

