L’Afrique vient d’obtenir une victoire symbolique et diplomatique majeure au sein du concert des nations. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, ce vendredi, une résolution dédiée à une représentation plus fidèle des superficies terrestres sur les cartes du monde. Une décision accueillie avec enthousiasme par le Togo, qui n’a pas hésité à qualifier ce vote de « moment historique pour l’Afrique ».

La fin du prisme déformant de la projection Mercator

Cette adoption marque le couronnement de la campagne « Correct the Map » (Corriger la carte), une initiative portée avec détermination par le Togo au nom de l’ensemble du continent africain. Ce plaidoyer mondial ambitionnait de reléguer au second plan la traditionnelle projection de Mercator — reconnue pour altérer considérablement la taille réelle des masses terrestres — au profit de représentations équivalentes et techniquement plus ajustées, à l’image de la projection Equal Earth.

Redonner à l’Afrique la réalité de ses dimensions

S’exprimant à la suite de ce vote crucial, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a souligné la portée profonde de cette révision cartographique :

« Cette adoption intervient à un moment historique pour l’Afrique et pour le monde. Elle affirme la nécessité d’une représentation plus précise, plus équilibrée et plus fidèle sur le plan géographique de notre planète. Une carte est certes un outil technique, mais c’est aussi un instrument de connaissance et de représentation qui façonne la manière dont les peuples et les continents se perçoivent eux-mêmes. Certaines projections utilisées depuis des siècles et des décennies représentent l’Afrique et toutes les régions du monde d’une manière qui ne reflète pas leur superficie réelle. Corriger la carte, c’est donc aussi corriger une perception. Corriger la carte, c’est redonner aux continents, dans l’esprit des gens, la réalité de leurs véritables dimensions. »

 

Un consensus international contrasté par le rejet américain

L’Union africaine s’est immédiatement jointe aux célébrations pour saluer ce texte, lequel doit mettre un terme définitif à une vision visuelle « déformée » du continent dans l’imagerie globale. L’adoption du texte n’a toutefois pas fait l’unanimité absolue sur le plan international, les États-Unis ayant choisi de voter contre cette résolution.

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