Le gouvernement gabonais a décidé de placer la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) sous administration provisoire pour une durée maximale de 90 jours. Cette mesure vise à assurer la continuité des activités, à préserver les actifs de l’État et à clarifier l’avenir de l’entreprise, fragilisée par une situation juridique et administrative complexe.

Au Gabon, la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon entre dans une nouvelle phase de transition. Réuni le 8 octobre 2026 à Libreville, le Conseil des ministres a décidé de placer la SAEG sous administration provisoire, après avoir constaté l’absence d’organes de direction au sein de cette société publique. L’annonce figure dans le communiqué final du Conseil des ministres.

À l’origine de cette décision, la caducité de deux ordonnances prises le 26 février 2026. Ces textes prévoyaient la dissolution de la SAEG au profit de la Société agropastorale du Gabon, AGROPAG. Faute de ratification, les ordonnances sont devenues sans effet. La SAEG demeure donc le cadre juridique de l’intervention de l’État dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage.

Un administrateur provisoire pour rétablir la gouvernance

Pour une durée maximale de trois mois, la gestion de la société sera confiée au directeur général de l’Agriculture. Celui-ci exercera cette responsabilité en parallèle de ses fonctions actuelles, sans rémunération supplémentaire.

Sa mission est triple. Il s’agit de sécuriser le patrimoine de l’entreprise, procéder à un audit de sa gestion et conduire une revue stratégique de ses activités. Il s’agira notamment de faire le point sur la situation de la société et de préparer les conditions d’une orientation future. Cette administration provisoire doit ainsi permettre aux autorités de disposer d’un état des lieux plus précis avant de définir les prochaines étapes pour cette entreprise publique.

Les arriérés de salaires au cœur des préoccupations

Au-delà de la question de la gouvernance, la situation sociale constitue un autre dossier urgent. La SAEG et AGROPAG accumulent des arriérés de salaires, selon le communiqué du Conseil des ministres.

Face à cette situation, le gouvernement a instruit le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, de procéder au règlement urgent d’un premier tiers des sommes dues aux agents des deux structures. Le paiement du solde devra intervenir suivant un échéancier qui reste à convenir.

Quel avenir pour la SAEG ?

La mise sous administration provisoire intervient dans un contexte d’incertitude sur l’organisation du secteur agricole public gabonais. La dissolution envisagée de la SAEG au profit d’AGROPAG n’ayant pas produit ses effets juridiques, les autorités doivent désormais clarifier le fonctionnement et les perspectives de la société.

L’audit annoncé et la revue stratégique devraient contribuer à éclairer les décisions à venir. Reste notamment à savoir quelles orientations seront retenues à l’issue de cette période transitoire et comment elles permettront de relancer les activités tout en répondant aux difficultés rencontrées par les salariés. Pour l’heure, la priorité affichée par le gouvernement est de préserver les actifs publics, d’assurer la continuité des activités et de traiter, dans l’urgence, une partie des arriérés de salaires.

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