Interview de Michel Tomi, PDG du Groupe KABI: « Le Gabon est mon pays de cœur…nous privilégions l’emploi local. »

Interview de Michel Tomi, PDG du Groupe KABI: « Le Gabon est mon pays de cœur…nous privilégions l’emploi local. »

Michel Tomi. Le nom a dépassé les frontières des îles corses pour s’ériger en grande figure du monde des affaires dans plusieurs pays d’Afrique et du reste de la terre. Malgré les critiques portant sur sa personnalité un peu « mystérieuse », le parcours de l’homme est une histoire de combattant. Originaire du haut Taravo, une région reculée de Corse, il aurait le jeu dans l’âme, et pour lui, tout ce qui est jeu peut fait faire fortune. C’est sa passion, et comme le disait Hegel, « rien de grand, ne se fait sans passion ». En faire de véritables entreprises, son rêve, et il a réussi.

Mais Michel a débuté tout en bas de l’affiche, un bac mathématiques en poche, croupier à Monaco à la fin des années 1960, il se lança dans sa propre aventure de la chance, du jeu. A 21 ans, il intègre l’un des cercles de jeux de la famille Francisci, avant de passer au cercle Opéra, à Paris, puis au casino Ruhl, à Nice. Très tôt, il arrive à se tailler une place privilégiée dans le grand monde des casinos.

Aujourd’hui, de Libreville à Bamako, passant par Yaoundé, Michel a ses marques dans plusieurs pays d’Afrique. Dans cet entretien « Grogne d’Afrique » s’intéresse à la vision de promotion de l’emploi et de l’action sociale du Corse, dans une Afrique souffrante de chômage et de maux sociaux. L’homme rêve en faire davantage: créer plus de 1000 emplois en 20015 au Gabon en vue d’appuyer la politique de lutte contre le chômage.

Michel Tomi dans son fauteuil roulant, air toujours imposant,  accepte bien qu’il soit en convalescence répondre  à nos questions, aussi simplement et clairement que possible,  avec l’amabilité de son très loyal collaborateur, Dominique Mondolini qui assume avec bienveillance la gestion  de ses affaires. Bon rétablissement au Corse, et bonne lecture à vous!

Monsieur Michel TOMI, vous êtes l’une des grandes figures de l’industrie du jeu en Afrique, comment vont vos affaires dans ce domaine où vous êtes considéré comme maître ?

Aujourd’hui, la crise est mondiale et frappe également l’Afrique. Notre sérieux nous permet de nous maintenir malgré l’érosion économique et sociale.

Au Gabon, quelles sont les activités dans lesquelles on peut retrouver votre marque ?

Le Gabon est mon pays de cœur. J’ai développé les activités de mon groupe dans le P.M.U, les paris sportifs, les jeux récréatifs, le Casino. Hors le domaine ludique nous sommes également présents dans le transport aérien et le BTP.

En dehors du Gabon, votre groupe siège dans plusieurs pays d’Afrique. Combien de temps vous en aviez mis ?

Nous pouvons considérer être des pionniers en Afrique. Par exemple hors du Gabon, notre activité est présente depuis 1997 au Mali et 1992 au Cameroun.

A voir vos nombreuses structures installées dans plusieurs pays d’Afrique, on comprend sans doute que vous êtes promoteur d’emplois. Situez-nous un peu sur votre capacité d’emploi et votre vision sur la question du chômage en Afrique.

Nous privilégions l’emploi local par réduction importante des cadres expatriés en responsabilisant les autochtones. En conformité avec les règles locales d’emploi nous nous employons au maintien de la totalité des emplois. Nous en comptons plusieurs milliers dans l’ensemble de nos entités sur trois pays.

L’Afrique est un continent qui souffre de grands maux d’ordre social. En quoi votre groupe apporte-t-il son soutien aux populations défavorisées ?

Notre groupe apporte un soutien financier dans le domaine sportif, l’environnement, l’agriculture, la santé. Cela représente une véritable aide globale aux populations.

Il y a quelques mois on vous a collé certaines accusations pour blanchiment d’argent. Quel est aujourd’hui votre morale par rapport à toutes ces critiques ?

Mon morale est au beau fixe. Je laisse la justice faire son travail. Je suis certain qu’elle donnera tort à mes détracteurs.

Certaines critiques pensent que c’est des accusations « normales » alors que vous les rejetez. Qu’est-ce qui alors, selon vous, explique tout cet acharnement de la justice ?

La justice ne s’acharne pas. Elle cherche à établir la réalité des faits. Dans la réussite vous faites toujours des jaloux. J’ai confiance.

Comment peut-on comprendre cette grande accointance que vous avez avec certains Chefs d’Etats Africains ?

Vous êtes Africains. Vous connaissez donc le véritable sens des mots amitié et fraternité.

 Vos amitiés avec des présidents africains expliquent sans doute les facilités à vous accorder et à vos proches pour obtenir de gros contrats.

Aucun contrat n’est accordé sans concurrence et respect des règles établies. Aucune de nos activités ne s’exercent sans autorisation légale.

D’après nos informations, vous financez énormément des campagnes politiques des chefs d’Etas africains, à l’instar d’Ibrahim BOUBACAR KEITA.

Je suis un homme d’affaires et la politique n’est pas mon domaine. Comme je vous l’ai dit, l’amitié est chez moi une règle immuable. Vous me parlez d’I.B.K. et notre amitié est bien antérieure à son élection.

En dehors de toutes ces accusations, quel est votre apport sur le plan économique et social pour le développement de l’Afrique ?

La pérennité des emplois dans un secteur qui voit comme beaucoup d’autres poindre les difficultés.

 L’Afrique, c’est encore pour longtemps ?

J’aimerais dire pour toujours. Mais Dieu seul le sait….

Propos recueillis par la Rédaction Grogne d’Afrique