Le Roi des Chantiers de Joseph AGANO, atouts incomparables

De Makokou à Mandji, de Malinga à Mouila, l’entreprise Le Roi des Chantiers s’est retrouvée au cœur de plusieurs projets emblématiques engagés depuis l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema. Routes, logements, stations-service, équipements sportifs, bâtiments administratifs ou universitaires : ces réalisations dessinent une politique d’aménagement qui veut davantage regarder vers l’intérieur du pays. Mais derrière les annonces et les inaugurations, l’état réel des chantiers reste contrasté.

À première vue, le changement se mesure aux engins de chantier. Dans les villes secondaires du Gabon, des routes sont ouvertes, des bâtiments sortent de terre, des logements prennent forme et des équipements collectifs apparaissent là où, pendant des années, les projets publics ont souvent été annoncés sans parvenir au stade de la livraison.

Depuis le 30 août 2023, date de la prise de pouvoir par les militaires conduits par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, l’exécutif gabonais a placé les infrastructures et le désenclavement territorial parmi les marqueurs de son action. Après la période de transition, le président Oligui Nguema a fait de la construction et de la réhabilitation des infrastructures un élément central de son discours politique.

Dans cette nouvelle séquence, une entreprise revient régulièrement sur le terrain : Le Roi des Chantiers (LRC), dirigée à un moment donné par l’infatiguable, Romain TCHOBA, devenu Directeur Général de JETA Consulting. L’entreprise est une filiale de JETA Groupe dont le Président Directeur Général est Joseph Trésor AGANO. De la Ngounié à l’Ogooué-Ivindo, en passant par l’Estuaire et le Moyen-Ogooué, la société intervient sur des programmes de nature très différente.

Il ne s’agit pas ici de dresser un palmarès ni de transformer un bilan de travaux en bilan politique. Mais sept projets permettent de comprendre, de manière très concrète, ce que recouvre cette politique de construction : les stations-service Gab’Oil, les 50 logements de Makokou, le Trésor public de Malinga, le programme d’équipements collectifs de Mandji, l’université de Mouila, les 22 kilomètres de voiries de Ntoum et l’aménagement de l’axe vers les chutes de Kongou.

Certains sont achevés. D’autres sont encore en cours. Tous témoignent cependant d’une même volonté affichée : déplacer une partie des investissements publics vers les territoires de l’intérieur.

Gab’Oil : des stations-service pour rapprocher l’énergie des provinces

C’est probablement le programme qui a donné à LRC sa plus grande visibilité au cours des dernières années.

Dans plusieurs provinces gabonaises, l’entreprise a été chargée de construire ou d’engager la construction de nouvelles stations-service du réseau Gab’Oil. À Makokou, Minvoul, Okondja, Akanda et dans plusieurs localités de la Ngounié, les chantiers de RLC sous la poupole de son Président Directeur Général Joseph AGANO sont multipliés.

L’objectif dépasse la simple construction d’un bâtiment commercial. Pour les autorités, l’enjeu est aussi celui de l’accès aux produits pétroliers dans les zones éloignées des grands centres urbains.

En février 2026, plusieurs stations avaient atteint des niveaux d’avancement importants, après des travaux réalisés dans des délais relativement courts. D’autres sources de presse gabonaises évoquaient alors sept stations affichant un taux d’exécution global proche de 90 %.

À Makongonio, dans la province de la Ngounié, une station communautaire de type 1 a ensuite été annoncée comme achevée en juin 2026. Située entre Lébamba et Mbigou, elle doit notamment faciliter l’accès au carburant dans une zone où les populations et les transporteurs doivent parcourir de longues distances pour s’approvisionner.

Le choix de ces implantations raconte donc quelque chose de la politique d’aménagement actuelle : il ne s’agit plus seulement de concentrer les infrastructures économiques dans Libreville et les principales villes, mais de créer des points de services dans les départements de l’intérieur.

Mais cette stratégie pose aussi une question plus large : une station-service peut-elle transformer durablement une économie locale si les routes qui la desservent restent dégradées ? C’est précisément ce qui conduit au deuxième volet de ce chantier territorial : les routes.

Makokou : cinquante logements pour répondre à la question du logement

À plusieurs centaines de kilomètres de Libreville, Makokou offre un autre visage de cette politique. Dans le quartier Mayiga, un programme de 50 logements a été confié au Roi des Chantiers. Le projet comprend des habitations de type familial et des travaux de voirie et de réseaux divers.

Le ministre gabonais du Logement, Mays Mouissi, s’est rendu sur le site en août 2026 pour suivre l’avancement du programme. Selon les informations communiquées à cette occasion, 30 logements devaient être livrés autour du 30 août, tandis que les 20 autres étaient annoncés pour être achevés au cours de l’année 2026.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est lui-même rendu sur le site de Mayiga le 29 août 2026. Le programme prévoit des logements de type F4, avec trois chambres, deux salles d’eau et une superficie annoncée d’environ 145 mètres carrés par habitation. Sur le papier, le chiffre paraît modeste : cinquante logements dans une ville de province.

Mais dans un pays où l’offre de logements modernes demeure concentrée dans les principaux centres urbains, l’enjeu est moins celui du nombre absolu que celui de la répartition géographique.

Le projet de Makokou s’inscrit d’ailleurs dans une stratégie plus large du ministère du Logement. En janvier 2026, le gouvernement annonçait vouloir s’appuyer sur l’implantation de LRC dans plusieurs provinces, notamment le Haut-Ogooué, la Ngounié et le Woleu-Ntem, pour développer des programmes de logements sociaux.

La question sera désormais celle de l’attribution, du coût pour les bénéficiaires et de l’entretien de ces logements dans la durée. Construire est une première étape. Faire de ces programmes de véritables quartiers vivants en est une autre.

Malinga : quand un bâtiment administratif devient un symbole

À Malinga, dans la province de la Ngounié, le chantier est moins spectaculaire qu’une route ou qu’un ensemble de logements. Pourtant, il touche directement au rapport entre l’État et les populations de l’arrière-pays. Il s’agit du Trésor public de Malinga, dont le projet avait été annoncé bien avant l’arrivée au pouvoir d’Oligui Nguema.

Le chantier a finalement été réhabilité et livré par LRC en 2026, selon plusieurs médias gabonais. Le nouvel ouvrage comprend également un logement destiné au percepteur. Ce projet illustre une dimension moins visible de la politique d’infrastructures : la proximité administrative.

Dans une capitale provinciale ou dans une grande ville, accéder à un service public peut sembler banal. Dans une petite localité éloignée, disposer d’un bâtiment administratif fonctionnel peut changer considérablement les conditions de travail des agents et les conditions d’accueil des citoyens.

Le chantier de Malinga est aussi intéressant parce qu’il rappelle que tous les projets attribués sous la nouvelle administration ne sont pas nés avec elle.

Certains étaient déjà inscrits dans les plans de l’État depuis plusieurs années. La rupture revendiquée par les autorités actuelles tient donc parfois moins à l’origine du projet qu’à sa reprise, à son financement, à son exécution et, surtout, à sa livraison.

Mandji : une ville entière transformée en laboratoire d’aménagement

À Mandji, dans le département de Ndolou, au cœur de la Ngounié, le chantier change d’échelle. Ici, il n’est pas question d’un seul bâtiment, mais d’un ensemble d’équipements : plateau sportif, logements d’astreinte, centre médical, voiries et aménagements urbains.

Le programme comprend notamment un plateau sportif, des logements destinés au personnel médical et un centre médical constitué de plusieurs bâtiments. Les voiries urbaines font également partie du dispositif. Ce type de programme est révélateur d’une évolution de la manière de penser l’aménagement territorial.

Pendant longtemps, les investissements publics pouvaient se concentrer sur une infrastructure isolée : une école, un centre de santé ou une route. À Mandji, le principe est différent. L’objectif est de faire fonctionner plusieurs équipements ensemble. Une route facilite l’accès au centre médical. Les logements permettent d’accueillir le personnel. Le plateau sportif crée un espace collectif. L’aménagement urbain donne une cohérence à l’ensemble.

Mais le chantier rappelle aussi une réalité souvent absente des discours officiels : l’éloignement coûte cher. Acheminer du ciment, du matériel, des engins ou des équipements dans les petites villes de l’intérieur du Gabon représente un défi logistique considérable. Les conditions climatiques et l’état des routes peuvent ralentir les travaux. C’est précisément pour cette raison que l’état d’avancement des différents ouvrages n’est pas uniforme.

À Mandji, comme ailleurs, le véritable test ne sera donc pas seulement de construire. Il sera de maintenir les équipements opérationnels après leur réception.

Mouila : ressusciter le projet d’une université vieille de vingt ans

À Mouila, capitale de la Ngounié, le chantier prend une dimension particulière. Il s’agit du projet de future université de Mouila, dont la première pierre avait été posée en 2005 sous Omar Bongo Ondimba. Le projet est ensuite resté en suspens pendant de nombreuses années avant d’être relancé.

Le programme aujourd’hui engagé doit comprendre plusieurs composantes : une faculté des sciences, un bâtiment dédié aux arts et métiers, un rectorat, un centre médical, un restaurant universitaire et un espace sportif. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de construire des salles de cours. L’ambition est de créer un campus capable d’accueillir des étudiants, des enseignants et des services administratifs, avec une offre d’équipements relativement complète.

L’enseignement supérieur reste fortement concentré à Libreville et dans quelques autres centres. Une université fonctionnelle à Mouila pourrait contribuer à rapprocher la formation supérieure des jeunes de la Ngounié et des provinces voisines.

Mais là encore, le chantier devra être jugé sur sa capacité à fonctionner réellement : nombre d’étudiants accueillis, filières ouvertes, enseignants disponibles, équipements pédagogiques et budget de fonctionnement. Un bâtiment universitaire vide ne constitue pas une université. La construction n’est donc que le premier acte d’un projet dont la réussite se mesurera surtout après l’ouverture des portes.

Ntoum : 22 kilomètres de voiries pour une ville en expansion

À Ntoum, dans la province de l’Estuaire, le problème est plus directement visible : celui de la circulation. Le 25 août 2025, le gouvernement gabonais lançait officiellement les travaux d’aménagement des voiries en béton de la commune. Le marché confié au Roi des Chantiers porte sur 22 kilomètres de voiries Ntoum occupe une position particulière. Située dans l’orbite de Libreville, la commune connaît depuis plusieurs années une croissance démographique et urbaine importante.

Les besoins en infrastructures y sont donc différents de ceux d’une petite ville rurale : il faut accompagner l’expansion de quartiers résidentiels, améliorer la circulation et réduire les difficultés liées à la dégradation des voies. Le choix du béton constitue également un élément technique important dans un environnement soumis à de fortes précipitations.

Mais là encore, le calendrier est essentiel. Un lancement de chantier n’est pas une livraison. Entre la cérémonie officielle, l’installation des équipes et l’ouverture effective des routes, plusieurs étapes doivent être franchies. Pour les habitants, le seul indicateur qui compte finalement est assez simple : pouvoir circuler plus facilement, toute l’année, sans transformer chaque déplacement en parcours d’obstacles.

Ntoum représente ainsi une autre facette de la politique d’infrastructures : celle des villes qui se trouvent à la frontière entre développement urbain et désengorgement de la capitale.

Makokou-Kongou : 45 kilomètres pour ouvrir une porte sur le tourisme

Le septième chantier emmène à nouveau vers l’Ogooué-Ivindo. À proximité de Makokou, LRC travaille sur l’aménagement d’un tronçon d’environ 45 kilomètres en direction des chutes de Kongou. Le projet vise notamment à améliorer l’accès à ce site naturel et touristique. Le chantier est important pour une raison simple : le Gabon possède un patrimoine naturel considérable, mais certains des sites les plus remarquables restent difficiles d’accès.

Les chutes de Kongou en sont un exemple. Améliorer la piste ou la route qui mène au site ne signifie pas automatiquement créer une destination touristique rentable. Il faut ensuite des moyens de transport, des hébergements, des guides, des services, de la sécurité et une stratégie de promotion.

Mais sans accès, rien de tout cela n’est possible. Les 45 kilomètres représentent davantage qu’une infrastructure routière. Ils peuvent constituer la première étape d’une chaîne économique : transport, tourisme, restauration, hébergement et activités locales. C’est aussi un exemple de la manière dont la politique d’infrastructures peut chercher à transformer les atouts naturels du Gabon en activités économiques.

La méthode LRC, au cœur du nouveau paysage des BTP gabonais

Au-delà des ouvrages eux-mêmes, ces projets ont aussi fait émerger un acteur privé devenu particulièrement visible dans la politique d’infrastructures du pays.

Le Roi des Chantiers, filiale de JETA Groupe, s’est vu confier des marchés dans plusieurs provinces et sur des secteurs très différents. Son directeur général, Joseph Trésor Agano Elemba, défend une méthode fondée sur la rapidité d’exécution et la présence des équipes sur le terrain. Beaucoup ont souvent largement relayé cette image d’une entreprise capable de travailler simultanément sur plusieurs sites.

Mais cette montée en puissance appelle également un regard professionnel sur les marchés publics. Et chez LRC, la multiplication des chantiers s’accompagne nécessairement de contrôle, de transparence sur les contrats, de suivi des coûts, de contrôle technique et d’évaluation de la qualité des ouvrages.

Une nouvelle géographie du Gabon ?

C’est peut-être le point le plus intéressant de cette série de chantiers. Pendant longtemps, le développement gabonais a été associé à Libreville, aux grandes entreprises pétrolières et minières, aux grands axes économiques et aux principaux centres urbains.

Les projets actuellement visibles à Makokou, Malinga, Mandji, Mbigou, Makongonio ou Kongou donnent une autre image du pays. Ils ne résolvent pas tous les problèmes. Ils ne constituent pas encore un réseau homogène d’infrastructures. Mais ils déplacent le centre de gravité des investissements.

La question du désenclavement devient ainsi centrale. À Makokou, la route vers Kongou doit faciliter l’accès à un site touristique. À Ntoum, les voiries accompagnent l’expansion urbaine.

À Mandji, les équipements collectifs cherchent à structurer une petite ville. À Malinga, un bâtiment administratif rapproche l’État des citoyens. À Makokou, les logements tentent de répondre au déficit d’habitat.

À Mouila, l’université doit rapprocher l’enseignement supérieur des jeunes de l’intérieur. Et dans les différentes provinces, les stations Gab’Oil cherchent à rapprocher les services énergétiques des populations. Pris séparément, ces projets peuvent sembler dispersés. Pris ensemble, ils dessinent une stratégie : construire davantage dans les territoires où l’État a longtemps été présent de manière moins visible.

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